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Actualités


  • 4-06-2015

    Appel à un Sursaut Citoyen, Thierry ICHELMANN


    La Démocratie Représentative est-elle arrivée à ses limites ?

    La Démocratie Représentative, dans son fonctionnement actuel semble être arrivée à une certaine limite de son développement. On ne peut plus élire quelqu’un, le mettre au pouvoir pendant 5 ou 6 années, le laisser fonctionner, et revenir en fin de mandature, en se disant que si on en est satisfait, on continue avec cette personne, sinon, on vote contre elle.
    Les choses ne peuvent plus continuer de la sorte. Pour plusieurs raisons. En particulier, à la fin de la mandature, les personnes sont tellement désabusées, qu’elles n’ont plus de ressort citoyen et elles ne se remobilisent pas. Ce sont alors les mêmes équipes décriées qui repassent, grâce à la mobilisation (acquise) de leurs partisans. Le principe de la sanction en fin de mandature ne fonctionne plus.

    Une autre raison, c’est qu’il devient extrêmement difficile d’imaginer un déroulement de la mandature sans intervention du citoyen. Cinq années, c’est beaucoup trop long. En effet, s’il était possible auparavant d’attendre plus ou moins sereinement la fin de la mandature, cela ne l’est plus maintenant. Car les choses ont beaucoup changé.
    Le contexte global n’est plus le même. Oppositions et conflits de toutes natures, regain de pauvreté, de précarité, de racisme, ... Le contexte local s’est également beaucoup aggravé. La situation économique a beaucoup empiré, et le citoyen a beaucoup plus de mal à s’en sortir. Le contexte social s’est extrêmement détérioré, avec beaucoup plus de pression et de tension.
    Par ailleurs, les soupapes qui existaient auparavant ne remplissent plus cette fonction. Par exemple le travail informel qui pouvait empêcher d’être asphyxié s’est maintenant quasiment généralisé. De même, l’émigration qui permettait d’avoir l’espoir de s’en sortir ailleurs est de moins en moins une solution, tant les gens ont maintenant la pleine conscience que ce n’est pas forcément mieux ailleurs. On a également certaines pratiques de solidarité qui se développent moins naturellement, ou encore davantage de repli sur soi, pour des questions d’individualisme ou de peur…
    Si on ne peut pas remettre en cause la durée de la mandature, il s’agît donc de revoir la période de réajustement, qui pour l’instant correspond à la durée de la mandature, et qu’il conviendrait alors de diminuer, par une intervention régulière du citoyen, dans une démarche participative de co-élaboration.

    Pourquoi les tenants du Système ont-ils du mal à se renouveler ?

    On a l’impression que ceux qui nous dirigent ont du mal à se remettre en cause, à prendre et à appliquer des décisions de nature à faire évoluer les choses. Plusieurs hypothèses sont à avancer : Une première, toute simple, est qu’il est difficile d’admettre que l’on se soit trompé.
    Admettre que l’on s’est trompé, quand soi-même et les autres sont persuadés qu’on est la norme, la référence, que si on est au pouvoir, c’est parce qu’on a raison, cela est extrêmement difficile. C’est comme si cela ne faisait pas partie du disque dur, du champ des possibles, d’imaginer que l’on puisse se tromper, ou en tous les cas faire comprendre à l’autre que l’on se soit trompé. Et pourtant, il faudrait pouvoir admettre que « Errare humanum est, perseverare diabolicum »…

    Il faudrait également comprendre qu’Il est objectivement difficile de changer de paradigmes, c’est-à-dire de principes fondateurs de notre pensée, de notre action, de notre fonctionnement.
    Même lorsque l’on a compris qu’il fallait en changer, même lorsque l’on a identifié les nouveaux paradigmes à adopter, même lorsque l’on a pris la décision de le faire, cela est difficile, et demande un certain temps. C’est donc une réelle difficulté pour les responsables actuels.

    Autre hypothèse explicative, sur laquelle hélas, on ne pourra agir que par une limitation du nombre de mandats, de mandatures, et peut-être de l’âge ? : Quand on a goûté au pouvoir, on veut le garder, on veut pouvoir en jouir et en profiter au maximum.
    En effet, le pouvoir met dans de telles dispositions psychologiques, psychiques et physiologiques, que les comportements qui en découlent sont alors de l’ordre de l’irrationnel, de l’indicible, de l’incompréhensible. Ils sont empreints de déconnection de la réalité, de sentiment de toute-puissance, de sentiment d’importance majeure et d’ « incontournabilité », et ont pour unique conséquence de vouloir faire en sorte qu’on puisse ressentir cela le plus longtemps possible.
    Il est en tous cas illusoire de penser que la décision de ne plus ressentir cela puisse être volontaire et personnelle… Il est donc difficile d’attendre de l’auto-régulation de la part de personnes déconnectées, dont l’aspiration première est de vouloir continuer à ressentir cette sensation de bien-être suprême…

    Le dernier élément que j’avancerai ici, pour tenter d’expliquer pourquoi les tenants du système actuel ont tant de mal à se renouveler, à renouveler leurs discours, leurs pensées, leurs habitudes et leurs pratiques, est la Peur !
    La peur de changer,
    La peur de ne plus se sentir important,
    La peur du vide que consisterait le fait de ne plus être ce qu’ils ont l’impression d’être,
    La peur de ne plus avoir ce qu’ils ont,
    La peur de ne plus avoir la possibilité d’avoir tout ce qu’ils souhaitent,
    La peur de décevoir les leurs (enfants, parents, proches) …

    Pourquoi le citoyen se désengage-t-il de la Politique ?

    C’est vrai que très souvent on critique le citoyen. On le juge irresponsable, assisté, ne remplissant pas sa mission. Il y aurait beaucoup trop d’abstention, et ce serait la faute du citoyen qui ne va pas voter.
    On réfléchit à voir comment l’inciter à aller voter, on parle même du vote qui devrait être obligatoire !
    Dans ce domaine également, il est souhaitable de sortir des sentiers battus, de prendre du recul, d’analyser les choses dans le fond, afin d’essayer de comprendre ce qui se passe, d’essayer de comprendre la désaffection du citoyen pour la chose politique.
    Qu’en est-il donc ?
    Pourquoi le citoyen se désengage-t-il donc de plus en plus de la chose politique ?
    Je vais tâcher d’avancer quelques raisons :
    Une première raison réside dans le fait que le citoyen a depuis fort longtemps intégré l’idée qu’il n’a pas à s’engager outre mesure dans la résolution de ses problèmes, que cela est dévolu aux représentants politiques qui sont élus « pour cela ».

    Par ailleurs, il ne se sent pas qualifié pour cela. En effet, le sentiment général qui prévaut, c’est que la Politique c’est une question d’experts ; ne fait pas de Politique qui veut, et que ce domaine n’est pas ouvert à tous.
    « Ou mè ki komin ? », « ki éleksyon ou ja alé ? », « konmen vwa ou ka pésé ? » sont quelques unes des répliques que le citoyen entend à longueur de temps prononcer par des représentants élus entre eux-mêmes, et qui sont très franchement de nature à dissuader le citoyen à se mêler de cette « affaire » …

    Le citoyen se sent également inefficace, impuissant. Face à l’énormité de la tâche, il se dit que la petite action qu’il pourrait avoir dans son coin ne sera vraiment pas de nature à changer les choses (puisqu’il n’a pas forcément une vision globale des choses, ni une vision collective de la mise en œuvre…)

    Il y a une autre raison, et pas des moindres, qui consiste en l’amalgame (savamment entretenu) entre l’engagement politique (au sens large) et l’engagement pour des élections, entre l’engagement citoyen et l’engagement pour des élections.
    Le citoyen pense en général, que faire de la politique, c’est s’engager pour être élu, ou pour faire élire un candidat. Et vue l’image qu’il a du monde politique, il se dit alors que si c’est cela la politique, que ce n’est alors vraiment pas pour lui.

    Une autre raison, c’est la déception assez largement répandue que ressent le citoyen, par rapport à ses représentants politiques, par rapport à leur comportement, leur fonctionnement, le fort sentiment qu’il a que la résolution des problèmes quotidiens de la population n’est pas forcément la priorité des politiques …

    Une dernière raison que je vais avancer ici, c’est que dans un contexte difficile de pressions, de tensions, de déceptions et de grosses difficultés quotidiennes de tous ordres, le citoyen pense que le seul investissement efficace qu’il puisse avoir, son seul horizon est alors celui de son engagement pour la résolution de ses problèmes personnels.

    Comment agir ?

    En fait, il s’agit aujourd’hui de créer des conditions qui puissent permettre à la Démocratie Participative de se mettre effectivement en place. Il faut proposer des Espaces d’Expression Démocratique non partisans. Il faut mettre en place des démarches qui permettront au citoyen de s’adonner à l’exercice de la responsabilité. C’est en effet la priorité de l’heure. Nous sommes dans un entre-deux, entre une Démocratie Représentative à bout de souffle et une Démocratie Participative Effective à venir. Cette Nécessaire Transition Citoyenne doit se mettre en place autour d’une Nouvelle Citoyenneté en Actes (NCA). Il s’agit aujourd’hui de permettre aux citoyens de s’investir dans la résolution des nombreux défis auxquels ils sont confrontés.
    La NCA consiste à voir un groupe de citoyens mettre en œuvre un projet donné, comme élément de réponse à un problème précis, vécu par un public déterminé. Le public concerné sera invité à s’engager dans la démarche, et celle-ci devra également recueillir le soutien de la population.
    Les citoyens, dans leurs rues, dans leurs quartiers, dans leurs communes, doivent multiplier des démarches basées sur la NCA, devant leur permettre de reprendre goût, de reprendre confiance en eux, en les autres et dans le « nous », devant permettre de réapprendre à faire ensemble, et devant en particulier leur permettre d’amener des réponses concrètes, précises, à leurs nombreux défis.
    Les démarches et alternatives citoyennes doivent se regrouper, s’amplifier, se développer dans le pays, devant permettre de remettre en mouvement notre société, autour de démarches collectives.
    Il faut également que se mette en place des expérimentations de toutes sortes, c’est-à-dire des démarches visant des objectifs précis, avec une mise en œuvre pensée, des moments de bilan (basés sur l’observateur d’indicateurs pensés en amont), des ajustements à envisager, et en fin de période, après un bilan final, étendre la démarche.
    Doivent également se mettre en place des Dispositifs Expérimentaux, c’est-à-dire plusieurs expérimentations pensées, sur des problématiques différentes, sur des territoires différents (de préférence), avec une extension progressive à penser. Ainsi, il y a beaucoup à faire, et il y en a pour chacun. Il suffit d’identifier la( petite) contribution que nous pouvons amener, en parler avec un (e) ami (e), un (e) collègue, un (e) voisin (e), un (e) proche, et nous verrons que nous passerons rapidement de 1 à 2, à 3, à 4 ou 5, et qu’il deviendra alors possible de mettre en place une opération , une action, ou une démarche simple, qui rendra néanmoins de grands services à un public donné…
    « Ne regarde pas à l’immensité de la tâche, apporte ta pierre à l’édifice ».

    Pour conclure, chacun d’entre nous, chaque personne prête à agir pour un avenir (collectivement) meilleur, doit comprendre que Les humains vivant dans un espace géographique donné, avec leur environnement, leur Histoire et leurs potentialités, sont tout à fait en mesure de créer un développement harmonieux, dans lequel chacun peut s’épanouir. Le seul frein à cette loi naturelle, est l’action réfractaire de groupes humains, animés par la peur du changement, la peur de nouvelles habitudes, même basées sur le partage.
    La seule aide que nous puissions leur amener, est de leur transmettre notre foi, notre confiance en cet avenir autre, auquel nous aspirons, et dans lequel nous nous projetons déjà, et de leur montrer les tracas dont nous épargnerons nos enfants, en leur défrichant déjà le chemin.

    Thierry ICHELMANN



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