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Le Théâtre dans le Théâtre ou l’art de la comédie créole
« Ce soir on improvise », la comédie truculente de Luigi Pirandello, auteur italien né en Sicile, est à l’affiche à l’Atrium demain samedi 21 janvier jusqu’au vendredi 27 janvier à 20h.
Produite fort heureusement par La direction de l’Atrium et l’Education nationale, la pièce a été présentée en avant première à des écoliers martiniquais par le TAM Théâtre de Aurélie Dalmat. La mise en scène du célèbre Philippe Adrien, directeur du Théâtre de La Tempète à la Cartoucherie de Vincennes à Paris (Molière de la mise en scène 1998), assisté de Hervé Deluge ( efficace et plaisante Mme Linette) et de François Raveneau qui tient très bien dans la pièce le rôle du « metteur en scène », est captivante.
Les acteurs portent en scène leur nom « civil » en plus de celui du personnage que chacun conduit, ce qui peut surprendre. Ils développent un jeu soutenu, efficace et dynamique qui captive le public aussi jeune soit-il. Nous le confirmons.
Tous les sens du spectateur sont captivés du début à la fin, sans relachement comme l’exige le vocabulaire gestuel de la comédia del arte qui, pour la circonstance, sert la rébellion des acteurs contre le metteur en scène considéré comme un tyran, un « patron » despote aveugle et sourd aux difficultés de ceux qui font le spectacle.
Une situation clairement exprimée que le spectateur citoyen peut aisément transposer à son vécu avec l’autorité patronale et ses employés ou avec le politicien et son peuple qu’il est censé défendre et non oppresser pour assouvir ses désirs et répondre à ses intérêts personnels. Les comiques de situations, de mots, d’intrigue, de mœurs et de caractères, ingrédients fondamentaux à la saveur de la comédie, sont bien présents pour nous donner le plaisir de voir, d’entendre et de croire que le Théâtre existe encore en Martinique et bien fait par des Antillais.
Nous l’avons rencontré. Nous l’avons rencontré dans la précision de jeu de nouvelles venues sur la scène théâtrale martiniquaise : « la nouvelle Orlane », facétieuse, brillante et très justement employée, de l’impertinence de Thérésia André, des jeunes militaires musiciens chanteurs qui équilibrent l’ensemble et de la tendresse de Kate qui dans son duo au jeu de masques de la comédia delarte avec Eric Delor notamment ouvre l’évident champs des possibles pour la Comédie créole. Il est vrai qu’ils étaient efficacement encadrés par l’Aliou Cissé (le père Palmino, marin pêcheur de son état malmené par la Mommina, sa femme) plus vrai que nature mais c’est la comédie théâtrale qui veut cela d’autant que nous connaissons ce nom (Palméro) aux Terres sainville comme vendeur de pièces détachées (piès loto-a ni an pri la simen, le dimanche i dé fwa pli chè ; il y avait aussi le Delor d’une belle sensibilité et d’une poésie gestuelle tant dans l’irascibilité que dans la fragilité et puis la Dalmat (décapante), comédienne en pleine possession de son personnage et de ses atouts qui conduit la pieuse maisonnée aux unions espérées qui caractérisent le final de l’art de la Comédie.
A voir, à faire voir et à revoir. Ouvert depuis hier aux scolaires (lycées, collèges et primaires), étudiants, comédiens, artistes et tout public jusqu’au 27 janvier à l’Atrium. Biwa !
José ALPHA
Les commentaires :
deux copines visiblement ravies qu ne tarissent pas d’éloges :
n°1880 : Moi j’ai apprécié Kate, pas seulement parce qu’elle chantait mais parce qu’elle avait plus d’importance dans la pièce et puis elle a bien joué avec le masque…celui que je n’ai pas « aimé » c’est le personnage de Victor, celui qui jouait le rôle du méchant. J’ai beaucoup aimé aussi Orlane, elle sait jouer…
n° 1881 : L’enseignante : nous avons vécu une très belle expérience du « Théâtre à l’école » et je vous remercie pour la qualité de cette création avec de bons comédiens martiniquais… nous en parlerons aux collègues des collèges et des lycées… nous avons un et … je vous remercie pour le texte que vous me remettez , l nous sera utile pour notre projet théâtre, ça nous aidera à le développer
le metteur en scène répondant à une autre question : oui, en effet, j’avais déjà monté cette pièce à l’Ecole nationale d’art dramatique de Paris et j’ai pris autant de plaisir à la monter ici à la demande de Mme Dalmat.
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