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  • 7-10-2010

    Expo-photo : Jeu de main par Joël Zobel

    Exposition photo : Jeu de main , du 14 Octobre au 07 novembre 2010 à l’ATRIUM.

    Des hommes. Des femmes. En noir et blanc. Nus. Mais que des mains (leurs mains), étrangement multipliées, rhabillent et caressent ; que des bras (leurs bras), tout autant dupliqués, soutiennent et enlacent. Joël Zobel nous invite à rencontrer des mutants singuliers.

    Henri Cartier-Bresson (cofondateur de la fameuse agence photo Magnum) disait : « On distingue deux grandes races de photographes : ceux qui fabriquent des images, et ceux qui les prennent. Les premiers ont leurs studios… Les seconds, leur studio, c’est le monde ! » Le travail de Joël s’inscrit sans parti pris dans ces deux pratiques de la photographie, ces deux morales de l’image (les prédateurs opposés aux tricheurs ?) Spectateur affûté, il sait se mettre en quête, attendre que survienne cet « instant décisif » théorisé par H. C-B : pour des paysages ou des portraits de rue où prélever ce qui affleure soudain si fugacement et qui fera image. Photo toujours très « plastique », la rencontre éblouie de la lumière et de la couleur étant, au sens propre, l’élément déclencheur. Mais il se fait plus souvent metteur en scène, organisant un dispositif de studio minimaliste et invariable (un drap noir et quelques projecteurs), dans lequel il « convoque » des modèles (terme de peintre !), avec lesquels il va jouer. Ainsi de cette nouvelle série photographique.

    Chacune ou chacun a pris spontanément une pose, qui devient « mastershot » (terme de cameraman et de montage), à partir duquel Joël dirige la séance de prises de vues – un pluriel s’impose ! Autour de cette posture initiale et de sa captation sera guidé un jeu de mains et de bras, en variations plus ou moins amples. Pour construire numériquement un personnage-sculpture, par miraculeuse « multiplication des mains ».

    Et que (nous) disent-elles, ces mains proliférantes ?

    Elles disent la pudeur, voilant par leur nombre même ce qu’on ne saurait voir sans glisser vers la provocation. Elles dansent pour nous une surprenante chorégraphie arrêtée, ou dessinent une architecture où le bras se fait arc-boutant du corps. Elles engendrent des créatures-chimères, séduisantes, drolatiques ou inquiétantes.

    Elles parlent de chair et de peau, et réhabilitent ce sens si malmené, réprimé par l’éducation : le toucher. Le rejet du contact physique est une constante majeure de la culture occidentale. (Est-ce un hasard si, dans l’affirmation contemporaine du bien-être, sont « à la mode » toutes les pratiques de massage - ayurvédique, thaï, shiatsu… - puisées aux cultures d’Asie, où la relation au corps et à l’esprit est si différente ?) Ces mains numériquement multipliées sont celles des modèles eux-mêmes, délibérément. Elles suggèrent une prise de possession de son propre corps : ce corps, que l’on connaît surtout par le truchement du miroir, est ici cadastré par les mains et non plus reconnu du regard. Mains qui vont explorer une part de soi que l’on n’a pas l’habitude de toucher : dos, pieds …. Mains numérisées, donc ; artifice, certes. Mais c’est le seul. À l’heure où le corps photographique est de plus en plus manipulé dans les médias ou la pub, Joël s’interdit de retoucher. Nul lifting ni « siliconisation » infographique. Contre le corps « photoshopé » par la mode, contre le corps en parade, c’est le corps comme présence de la personne à elle-même et aux autres qui est ici glorifié, sans triche et sans honte ; un corps avec son âge et son poids, ses strates et ses traces.

    Jeu de Mains : les improbables créatures que ce titre convoque appellent le spectateur, tout à la fois, à une mise à distance et à une complicité ludique. Déréalisant la représentation du corps, elles nous projettent vers un « impossible » amusé, font un clin d’œil ironique à la divinité hindoue Shiva. Elles révèlent du même coup l’artefact, se lisent clairement comme montage de fragments, effet stroboscopique figé, où fusionnent en un tout factice des instants juxtaposés.

    Observons pour conclure que cette nouvelle exposition continue d’évidence deux séries majeures, toutes deux présentées à la Galerie Arts Pluriels.

    • Corpus Corpum (en décembre 2005) donnait déjà à voir des corps isolés de tout contexte, qui se faisaient alors objet, pour une recherche plastique sur la gestuelle ou la posture, dans la simplicité chromatique d’un somptueux sépia.
    • Les 7 Péchés Capitaux (en 2003) jouaient d’une esthétique baroque et du détournement infographique de tableaux célèbres (tels le Napoléon d’Ingres ou le Marat de David), par l’insertion irrespectueuse d’éléments incongrus mais symboliques du thème poursuivi en sept photos.

    Goût affirmé pour l’épure formelle et chromatique dans ses explorations plastiques ; virtuosité dans la manipulation infographique et plaisir du jeu : deux permanences du travail de Joël, qui fusionnent ici pour nous séduire et nous amuser.

    Jacques PERRET (octobre 2010)



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