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  • 23-06-2011

    L’au-revoir de Nicole CAGE à Marius GOTTIN

    Lé répondè, réponn prézan ! A an lòt soley, Marius !

    Il est des nuits sans lune. Il est des aubes glacées. Il est des jours ternes zébrés seulement d’un coup de lame au cœur, rappel brutal qu’aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Des nuits sans… Des aubes sans… Des jours sans… Désormais… sans toi…

    Ce lundi à la rencontre des amis de Marius qui s’est tenue à l’AMEP, à l’initiative de tes camarades des associations Dodine et Négritude notamment, j’ai pu noter que la plupart des intervenants n’ont su parler de toi qu’au présent : « Marius c’est quelqu’un… « Marius te dit que… » Je crois oui que l’on ne peut te penser qu’au présent, l’on ne peut te vivre que présent. Le présent de ta présence vive en et à ton peuple. Le présent de ton engagement et de ton amour pour ce peuple dont tu n’étais pourtant pas dupe des simagrées et autres facéties. Ce peuple sur lequel tu n’as cessé d’appeler la lumière des Ancêtres, la sagesse du Temps, que sais-je mais quelque chose qui nous secoue, qui nous réveille et nous mette enfin en marche vers l’essentiel… Le présent de ton engagement à partager toute la sève humaniste, toute la soif humaine et fraternelle de la négritude césairienne…

    Et il est bon de savoir que cette terre nôtre, cette terre qui a enfanté des Nardal des Lamon des Gratiant des Césaire Suzanne, Aimé, des Ménil, des Fanon, des Glissant, Des Cultier des Ti-Emile des Mona… cette terre qui a su se faire « charmeuse de serpents » pour des Lafcadio Hearn, des Gauguin, Lam, Breton, Etchart, oui, bon de savoir qu’elle t’a également conçu et porté, toi, Marius, le Rebelle et le Tendre. Il était bon en vérité de te savoir là, t’éveillant au même soleil que nous. Bon de savoir que quelque part en cette terre nôtre résonnait ton rire en fracas ; éclatait la foudre de tes colères, de ton poing sur les tables du bien-penser pour pourfendre l’inacceptable. Bon de savoir que ta tendresse bourrue était là, prête à se faire écharpe autour des épaules des tiens. Bon de savoir que ta parole-folle, ta parole de griot aussi, de prophète parfois, s’alimentait, s’écorchait, se vivifiait au nannan de notre îlienne calebasse. Bon de vous rencontrer, toi et cette lueur amusée au coin de ton œil malicieux qui scannait tout et tous sans en avoir l’air… Bon de te savoir avec tes amis, croisant les verres aux sources d’un rhum clair et égrenant le chapelet des mots pawol pawol pawol pou ayen pawol pou plézi pawol pou révé pawol-an-sérié… Il nous est réconfort de nous dire qu’elle -cette terre nôtre- a simplement repris dans ses bras de mère son farouche et glorieux fils, qu’elle te couvre désormais de son manteau d’humus tiède… Réconfort de savoir le ciel de la partie. Le ciel, en un gran maniman de tanbouyé, en une avalanche de poèmes et de rires gras. Réconfort de nous figurer qu’il est venu en personne t’accueillir avec toute la douceur de son sourire, lui, l’Aimé…

    Nous te disons au présent ; nous te vivrons comme présent. Mais ce présent-là vous situe pourtant, ta parole et toi, dans la permanence, dans le hors-temps. Aujourd’hui et demain tu es là, en nous et dans les veines de ce pays, dans ses nervures les plus intimes… Ce présent-là est le garant d’aubes plus lumineuses, de futurs conquis… Et il me plaît de rêver que ta voix là-haut, s’unit à celle de l’Aimé pour murmurer à nos oreilles inconsolées ces paroles de consolation que j’ai cru l’entendre me souffler, un soir de trop gros chagrin, un soir d’avril 2008 :

    (Nicole Cage, Les Hauts de Villeneuve, Sainte-Marie, le 21 juin 2011)

      Îles ne pleurez pas


    Enfant ne pleure pas
    El Hadj sait ce que ton cœur ignore
    Le vent m’a apporté l’écho de ta complainte
    La symphonie des cannes bercées d’alizés
    M’a révélé l’indicible chagrin


    Îles ne pleurez pas
    Le Rebelle repose la fatigue des ans
    Au pied d’un baobab
    Il n’est qu’en-allé
    Celui que vous nommez “Papa”
    Je vous laisse
    En héritage
    Mon chant sauvage
    Mon cri de rage
    La fureur de mes mots
    Tout autant que leur miel
    Et, colibris, vous saurez le cueillir au cœur rougi de l’hibiscus
    Pèlerins assoiffés vous saurez au profond des forêts
    Porter vos lèvres gourmandes
    À l’outre du balisier


    Îles ne pleurez pas
    Vous avez l’essentiel
    Que je vous ai légué
    Sillons tracés
    De luttes en pages martelées
    D’erreurs en victoires
    De désespoirs en espérances rebelles


    Et ce que je n’ai su clamer hurler forger
    Pour être simplement homme-
    Il vous revient aujourd’hui
    De l’inventer
    De l’exhumer du fond de vos consciences hier ensemencées
    Le flambeau transmis
    Doit traverser le manteau de la nuit
    Longue encore je l’avoue
    Et des entrailles des ténèbres
    Surgira
    L’écume glorieuse de l’aube
    Reconquise
    Farouchement éclose
    En sa virginité
    En sa promesse de délices
    Intimité désormais ouverte
    Aux vents de liberté

    (in « Où irait mon cri » (Paroles pour l’Aimé) – à paraître)



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