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L’Autorité de la concurrence vient de rendre son avis sur les écarts de prix entre la métropole et les départements d’Outre-mer. Le manque de concurrence semble être la principale cause.
Rien ne justifie l’importance des écarts de prix constatés entre la métropole et les départements d’outre-mer pour les produits de grande consommation, a déploré mardi 8 septembre l’Autorité de la concurrence, qui avait été saisie en février dernier par le gouvernement sur cette situation. L’Autorité, qui avait déjà rendu un avis négatif en juin sur les carburants, constate que "la petite taille des marchés et leur éloignement des principales sources d’approvisionnement sont des obstacles naturels à l’obtention de prix comparables à ceux observés en métropole". Une taxe spécifique, l’octroi de mer, s’ajoute à ces surcoûts. Celle-ci est perçue par les collectivités locales sur les importations, ce qui accroît mécaniquement les prix de vente.
50% d’écarts de prix en magasin
Pour autant, "ces spécificités ne suffisent pas à expliquer l’importance des écarts de prix constatés entre la métropole et les DOM pour les produits de grande consommation", note l’Autorité de la concurrence dans un communiqué. Ainsi, selon les relevés effectués sur un échantillon d’environ 75 produits importés, les écarts de prix en magasin dépassent 55% pour plus de 50% des articles. Pour le régulateur, ce pourcentage "est trop élevé pour trouver exclusivement sa source dans les frais de transport et l’octroi de mer". L’Autorité dénonce en particulier une "concurrence insuffisante dans les marchés de détail et de gros". Le secteur de la grande distribution présente "un niveau de concentration élevé, certains groupes détenant des parts de marché en surfaces commerciales supérieures à 40%". Une situation "d’autant plus préjudiciable au consommateur ’domien’ qu’en amont, les importateurs-grossistes (...) sont eux aussi relativement préservés des pressions concurrentielles".
Des marges commerciales importantes
De fait, fabricants et importateurs sont souvent liés par des pratiques d’exclusivité. A titre d’exemple, à La Réunion, un seul grossiste commercialise les produits de deux grands groupes fromagers métropolitains, détenteurs des marques les plus connues. Conséquence, les importateurs-grossistes prélèvent des marges commerciales importantes oscillant entre 20 et 60% pour de nombreuses références. Dans certains cas, elles approchent ou dépassent même 100%.
Développer la concurrence
Peu favorable à une réglementation des prix, le régulateur propose de faciliter la concurrence en levant les obstacles réglementaires à l’arrivée de nouveaux acteurs. Il préconise une suppression du contrôle exercé par les Commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC) pour les projets d’implantation de plus de 1.000m². L’Autorité juge également nécessaire d’améliorer les circuits logistiques entre la métropole et les DOM, plaidant pour la mise en place d’une centrale d’approvisionnement et de stockage régionale qui, "par mutualisation des moyens, permettrait la réalisation d’économies d’échelles" et de "mieux faire jouer la concurrence". Autre piste préconisée, revoir les dispositifs d’aides aux entreprises implantées outre-mer, qu’il s’agisse de l’octroi de mer, des exonérations de charges ou des subventions versées aux industriels locaux. Ces mesures semblent encourager une politique de prix élevés, regrette le régulateur, demandant une suppression de l’octroi de mer et une évaluation des dispositifs de soutien. Enfin, l’Autorité fait part de son intention de réprimer les éventuelles pratiques anticoncurrentielles.
(Nouvelobs.com avec AP) Crédit photo : AFP
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